" Rien de grand ne s'est accompli dans le monde sans passions "- Georg Wilhelm Friedrich Hegel.
La Passion – une ligne de conduite positive? Une source de créativité ? Un défaut humain ? Ou un vice malveillant ?
Les définitions vantent un “désir ou enthousiasme intense pour quelque chose”, une “émotion forte et à peine contrôlable”, un “amour intense”(Oxford Dictionaries).
Cependant, ses connotations positives ne font leur apparition qu’au 16ème/17ème siècle. Le verbe en ancien grec “πάσχω” (paskho) signifiait “souffrir”.“Pati” en latin se réfère également à la souffrance. Ce sens se perpétue dans la terminologie et la musique chrétienne : la passion du Christ.
Mais même en considérant la passion dans son sens positif : une émotion tellement intense est-elle toujours positive ? Désirons-nous un tel sentiment “à peine contrôlable” ? Qu’advient-il quand la passion tourne mal, acheminant vers la jalousie, le crime, la destruction ? On pourrait citer Kant, pour qui la passion est une perversion de la raison, qu’il faut contrôler et supprimer. D’autres philosophes, plus modérés, soulignent que la passion devrait au moins être équilibrée par la raison.
D’un autre côté, l’Art déborde de déclarations affirmant l’importance de la passion pour créer, connaître une vie enrichissante. Que seraient nos vies sans “amour fou”, “sans désirs et enthousiasmes intenses” ? N’est-ce pas cette émotion qui nous fait dépasser nos limites, viser plus haut, avancer, créer des œuvres plus belles ?
Peut importe quelle position on prend à ce propos : une chose est claire. La Passion est une inspiration évidente pour l’art de l’opéra.
Les opéras regorgent d’histoires de passion qui tourne mal. Amour passionné et déçu, menant au meurtre et à la vengeance. Carmen. Woyzeck. Médée. Lucia di Lammermoor. L’incoronazione di Poppeia. Rake’s Progress. La Traviata. La liste est sans fin. Dans n’importe quel opéra, on retrouve toujours comme élément directeur l’amour passionné ou la passion pour un idéal.
La passion pour l’opéra, pour la voix, pour la musique, pour un instrument – le cœur de la motivation des artistes et des professionnels de l’opéra est la passion. Un amour, intérêt, enthousiasme, obsession intenses pour cet art. Les plus beaux opéras n’aurait pu être écrits, joués, mis en scène, sans passion.
Cette émotion intense, pareille à une tempête qui nous réveille et nous pousse au-dessus et au-delà de nos vies quotidiennes et routines, est une raison de vivre pour beaucoup – et une sensation sollicitée. Nous voulons partager avec d’autres notre passion pour l’opéra, nos émotions, notre conviction que la vie ne doit pas être ordinaire.
Nous vous encourageons, à l’occasion des Journées de l’Opéra, à partager cette passion avec toutes et tous !